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vendredi 15 juillet 2011

Apres l'hopital (article bulletin de l'UNAFAM 76)

Cet article est un extrait d'une intervention du Dr Ouhayoun, responsable du foyer de la Chapelle qui est intéressante car elle explique du point de vue médical ce que représente le foyer et le club en ayant un regard moins dans le quotidien que nous.

Au foyer, la vie est communautaire, les patients peuvent aller et venir en nous prévenant s'ils s'absentent. Il faut etre suivi par un psychiatre et bien sur prendre son traitement . La durée de la prise en charge est de six mois reconductible une fois. L'avantage de la vie en foyer, c'est que cela permet à l'équipe soignante (praticien, psychologue, éducateurs spécialisés, infirmiers, assistante sociale) de prendre le temps  d'évaluer l'ampleur des difficultés du patient et de l'accompagner dans un projet ajusté a ses difficultés. Le travail institutionnel y est fondamental, il consiste à mettre en commun les observations effectuées par chacun des soignants sur le patient et sa maladie. Le patient va déposer chez les uns, chez les autres, des aspects fragmentés de sa personne qu'il va falloir mettre en commun pour lui restituer son unité. L'essentiel du travail revient aux infirmiers et aux éducateurs qui doivent absolument avoir été formé à la psychose.

Qu'est-ce que la stabilisation : Stabilisé, cela veut dire inscrit dans le soin. Les patients ont appris à "composer" avec leur trouble : ils acceptent de prendre leur traitement (même si certains conservent une difficulté à reconnaitre leurs troubles), ils acceptent le suivi, ils savent à qui faire appel en cas de difficulté. C'est un grand succès et c'est un succès qui demande du temps. Ils vont se soigner, pas forcément parce qu'ils ont pris conscience du trouble, mais par habitude  et parce qu'ils ont crée des liens avec les personnes qui les suivent. Donc même si les symptômes n'ont pas tous disparu, les patients peuvent continuer à délirer mais ils finissent par apprendre à vivre avec leur délire, à réagir lors de la survenue de la crise, et, in fine, des projets  se réalise, ils se réengagent dans la vie sociale et on avance pas à pas.
Stabilisé pour moi cela veut dire capable de maintenir des liens avec les autres, d'entretenir des relations, quelques unes en tout cas, avoir une vie sociale et être inscrit dans le soin.

mardi 3 mai 2011

Les hôtels

750 euros pour 12 à 15 m², toilette sur le palier, pas de douche, un petit lavabo et 50 euros de plus si on veut faire la cuisine : on râle après ces marchands de sommeil dont les hôtels sont souvent montrés du doigt par la presse. Dans le 18e ils sont nombreux et quelques-uns de nos patients sont logés chez eux.
En effet en sortant du foyer, pas de solution de logement: H.L.M. avec une liste d'attente sans fin, et même si quelques patients ont de l'argent et une tutelle en garantie il n'existe pas d'agence immobilière ou de propriétaire privé qui leur fera confiance. Personne ne veut du fou chez soi ou dans l'immeuble que l'on gère.
Est-ce une question de méconnaissance  ou de peur d'une personne différente ?
Pourtant notre équipe s'engage à faire des visites à domicile et est joignable par téléphone tous les jours si besoin. Rien n'y fait. Alors on continue à mettre nos anciens résidents dans les hôtels qui, malgré leurs défauts, sont les seuls à les acceuillir sans préjugés ni discrimination. On en connait quelques-uns dans une rue près du foyer. Les gérants sont profondément humains et accueillants et quand on doit intervenir suite à une recrudescence des troubles psychiques, ils n'en tiennent pas rigueur au patient, même si l'on a fait intervenir les pompiers et acceptent de continuer à louer la chambre.
Je ne veux pas dire dans cet article que les malades mentaux doivent passer en priorité pour le logement avant tous les autres, mais s'il y avait plus de construction de foyers, de maison relais, de maisons communautaires, de maisons d'accueil spécialisées etc... on ferait d'une pierre deux coups: un logement et un suivi des soins de proximité.

mardi 15 mars 2011

Les tutelles

Je ne sais pas si vous connaissez les tutelles ou curatelles, ce sont des organismes qui suite a des mesures de justice  protègent les personnes qui ne peuvent ou ne savent gérer leur bien et qui ont besoin d'aide dans les actes de la vie courante pour payer les factures. Sans elles les loyers ne serait pas payés, la fin du mois serait le 7 (les allocations sont payée le 6 par la C.A.F) etc, etc. Elles mettent aussi un petit peu d'argent de coté  pour les coups durs, prennent des mutuelles etc etc.....
Les psychotiques sont dans l'incapacité de se projeter dans l'avenir, alors comment prévoir de garder des sous pour manger tout le mois, le transports, les habits. L'allocation d'adultes handicapé est de 711 euros par mois et nous avons beaucoup de personnes qui résident a l'hotel pour environ 700 euros par mois donc avec A.P.L. il reste 300 euros  pour le reste et les tutelles les repartissent en somme hebdomadaire. Ces patients sont le plus souvent dans l'incapacité de travailler meme en milieu protégé, en effet comment travailler soit avec des voix incessantes ou avec la présence d'une anxiété et une angoisse qui vous ne vous quitte pas de la journée : essayez, vous verrez avec un casque a fond dans les oreilles ou la veille du plus important examen de votre vie ça limite vos capacités de concentration et votre entrain au boulot.

Au club nous voyons souvent les patients qui veulent téléphoner à leur tuteur ou curateur pour avoir du Rab et qui ralent quand ils refusent, alors on calme, on temporise, on ménage la chevre et le choux. C'est exactement comme nous quand notre banquier a refusé notre découvert,la colère est la meme.

Le gros problème c'est que les chargés de tutelle sont souvent débordées et ont souvent beaucoup trop de personnes à s'occuper, donc manque d'écoute par manque de temps et quelquefois des oublis qui peuvent virer au drame quand il s'agit du loyer. Alors la c'est la cata, le gérant de l'hotel  menace de les virer et nous on harcele ces pauvres tuteurs pour un paiement accéléré et on fait patienter les proprio. Je ne veux surtout pas accabler les tutelles car comme je l'ai déja dit elles sont trop peu.

Le résultat c'est souvent une crise d'angoisse massive face à la menace de la rue et beaucoup de temps passé en soutien, écoute, entretien et réassurance.