C'est dimanche, un stagiaire-éducateur a organisé un tournoi de console Wii !
Course de karting au menu !
Albert m'aide a préparé la console et les manettes avant d'entamer les festivités.
Nous avons pris l'habitude d'enlever systématiquement les piles des manettes de jeux afin d'éviter qu'elles ne se déchargent trop vite, et lorsque les piles sont vides, nous les rangeons dans un sachet spécial afin de les rapporter dans une boutique qui se charge ensuite du recyclage.
Albert s'agite, il fouille partout et fini par s'agacer.
Je lui demande : "Qu'est-ce qui vous arrive ? Vous cherchez quelque chose ?"
L'air renfrogné, Albert me répond : "Il est où le sac de piles plus âgées ???!!! Je l'avais mis là !!!"
- "Aaaaah ! Le sac de piles USAGEES. Il est là ! Tenez."
(cette fois, je retiens mon rire, car Albert risque fort de se vexer !)
Ce blog retrace le quotidien du Club 18, structure d'accueil dans le 18ème arr. de Paris destinée aux personnes ayant un parcours d'hospitalisations psychiatriques et d'exclusion sociale.
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mardi 24 janvier 2012
Rien n'est impossible si on ne l'a pas tenté !!!
Fin de journée, c'est l'heure du Caf'Chapelle, nous sommes réunis autour d'un petit goûter réparateur.
Certains sirotent un café au lait bien chaud, d'autres ont entamé une partie de baby-foot endiablée, quand François déboule dans le petit salon du 4ème étage...
Il a l'air des mauvais jours : il est tout rouge, énervé, on le croirait au bord de l'explosion avec son sac à dos trop serré autour des épaules !
Je lui demande ce qui lui arrive ; comme d'habitude, François est remonté contre son fournisseur d'ennuis habituel : B. Telecom.
Cela fait 3 jours qu'il tente de leur envoyer un fax, mais il n'y parvient pas (d'habitude, il en envoie directement depuis son téléphone portable, mais là, sa ligne est coupée !)
Pour calmer le jeu et lui éviter de dépenser son maigre pécule chez le Taxiphone du coin, je propose à François d'envoyer son fax depuis le télécopieur du secrétariat.
Satisfait, il se calme un peu et nous descendons donc au secrétariat.
François a tout préparé, et il me remet les deux documents qu'il souhaite faxer ; ou plutôt un document et demi !
Il y a une première feuille sur laquelle il a inscrit ses coordonnées et l'intitulé de sa requête auprès du service-client, et une autre demi page. Je reste coï face à ce morceau de papier tout frippé et à moitié chiffonné ; mais je comprends mieux à la lecture du premier feuillet sur lequel François a inscrit le message suivant :
"Madame, Monsieur,
Comme convenu, je vous fait parvenir par fax le haut de la facture dont je vous ai déjà envoyé le bas par courrier.
En vous remerciant d'avance, veuillez agréer mes salutations distinguées..."
Je trouve le message comique et ne peux retenir mon rire !
François rit de bon coeur avec moi, en m'expliquant que la facture était restée dans la poche de son pantalon, et que le-dit pantalon est passé à la machine à laver. A la suite de quoi, le morceaux de papier s'est déchiré en 2, et le jour où il a dû le faire parvenir à son fournisseur de téléphone mobile, il n'a pu remettre la main que sur une seule moitiée du document. Mais cette moitiée de document n'a pas suffit au service-client.... on peut comprendre pourquoi !
Quelques jours plus tard, François venait me remercier car sa ligne refonctionnait et ses soucis s'étaient arrangés.... jusqu'à la prochaine fois !
Certains sirotent un café au lait bien chaud, d'autres ont entamé une partie de baby-foot endiablée, quand François déboule dans le petit salon du 4ème étage...
Il a l'air des mauvais jours : il est tout rouge, énervé, on le croirait au bord de l'explosion avec son sac à dos trop serré autour des épaules !
Je lui demande ce qui lui arrive ; comme d'habitude, François est remonté contre son fournisseur d'ennuis habituel : B. Telecom.
Cela fait 3 jours qu'il tente de leur envoyer un fax, mais il n'y parvient pas (d'habitude, il en envoie directement depuis son téléphone portable, mais là, sa ligne est coupée !)
Pour calmer le jeu et lui éviter de dépenser son maigre pécule chez le Taxiphone du coin, je propose à François d'envoyer son fax depuis le télécopieur du secrétariat.
Satisfait, il se calme un peu et nous descendons donc au secrétariat.
François a tout préparé, et il me remet les deux documents qu'il souhaite faxer ; ou plutôt un document et demi !
Il y a une première feuille sur laquelle il a inscrit ses coordonnées et l'intitulé de sa requête auprès du service-client, et une autre demi page. Je reste coï face à ce morceau de papier tout frippé et à moitié chiffonné ; mais je comprends mieux à la lecture du premier feuillet sur lequel François a inscrit le message suivant :
"Madame, Monsieur,
Comme convenu, je vous fait parvenir par fax le haut de la facture dont je vous ai déjà envoyé le bas par courrier.
En vous remerciant d'avance, veuillez agréer mes salutations distinguées..."
Je trouve le message comique et ne peux retenir mon rire !
François rit de bon coeur avec moi, en m'expliquant que la facture était restée dans la poche de son pantalon, et que le-dit pantalon est passé à la machine à laver. A la suite de quoi, le morceaux de papier s'est déchiré en 2, et le jour où il a dû le faire parvenir à son fournisseur de téléphone mobile, il n'a pu remettre la main que sur une seule moitiée du document. Mais cette moitiée de document n'a pas suffit au service-client.... on peut comprendre pourquoi !
Quelques jours plus tard, François venait me remercier car sa ligne refonctionnait et ses soucis s'étaient arrangés.... jusqu'à la prochaine fois !
lundi 9 janvier 2012
mardi 12 juillet 2011
Brèves de Clubistes...
Echanges houleux autour d'une cigarette...
Monsieur B. ne vas pas bien du tout. Totalement persécuté par tout et par tous, il tient des propos délirants sur la condition des femmes. Mais il reste correct pour le moment. Parfois, il va loin en paroles et ses propos peuvent choquer. Mais aujourd'hui, même si l'échange est houleux et que les joutes fusent, il parvient à se contenir...
Pour sa part, et comme souvent d'ailleurs, Albert prend les propos de Monsieur B. au premier degré. Alors il s'énerve un peu et hausse le ton. Il aspire très fort sur sa cigarette et recrache toute la fumée par les narines. Il fait comme un dragon ! On dirait qu'il veut impressionner Monsieur B.
En écrasant sa cigarette, Albert lance à Monsieur B. droit dans les yeux et dans ses bottes : " Toi, t'as rien compris au filles ! C'est pas les femmes qui se mettent à creux-pie ! C'est les hommes qui se jettent à genoux d'vant elles !"
Monsieur B. : " A creux quoi ???!!!"
Albert : " A creux pie j'te dis !"
Monsieur B. fait une drôle de tête... Puis, il éclate de rire !
On rigole tous un bon coup, mais Albert part un peu vexé... Il ne s'est pas rendu compte qu'il a réussi à désamorcer une situation qui commençait à être très tendue car Monsieur B. s'auto-alimentait et s'enfonçait dans son délire. Ca risquait d'exploser...
Plus tard, quand je demande à Albert s'il n'est pas trop contrarié qu'on ait rit de lui quand il a déformé le mot "accroupi", il me dit que "non"... Je lui confie que, finalement, grâce à lui, Monsieur B. n'a pas explosé.
Alors Albert me répond : "Nan, mais je sais, j'ai fait exprés je te ferais dire !"
Sacré Albert !!!!!
En cuisine...
On prépare un plat à base de crevettes pour le repas à thème hebdomadaire du Club.
Aymée est aux fourneaux et on est 2 ou 3 à l'assister.
Au moment de nettoyer les crevettes, Vincent fait un pas en arrière : " Ah non, non, non ! Je peux pas écorcher les crevettes, vous savez bien je suis allergique aux poisson !"
" Décortiquer Vincent, pas écorcher !", Aymée le corrige en se moquant gentiment, car on a l'habitudes des néologismes de Vincent.
Une autre fois que Vincent m'a beaucoup aidé en cuisine, et que je l'ai fortement sollicité car nous n'étions que lui et moi pour préparer un repas assez copieux pour une bonne vingtaine de clubistes affamés, après le déjeuner il se plaint auprès d'une stagiaire-éducatrice : " Oh, vous savez à midi, elle m'a fait bavé dans la cuisine Séverine. Elle était speed ! Je devais faire plein de trucs !!! Holala !!! Qu'est-ce que j'ai bavé en cuisine !"
C'est la fin d'après-midi, demain c'est la fête du foyer, Vincent, (encore lui !!!!) nous rejoint en cuisine, car il a à coeur de nous aider pour la préparation des brochettes de poulet mariné.
Il nous prévient d'entrée : " Il faut pas qu'on se rate, hein !"
On est trois en cuisine, on discute de tout et de rien en piquant la viande et les légumes qui ont marinés toute la nuit. On a les doigts tout gras à la fin, mais on a été rapides. En moins de trente minutes on a fait une soixantaine de belles brochettes !
Vincent est satisfait et fier lui.
En se lavant les mains, il ne manque pas de faire remarquer que : " Demain, il y aura tout le monde pour les manger, mais par contre, là, pour les faire y a personne qui met la main sur la patte !!!"
... La main à la pâte Vincent !...
Monsieur B. ne vas pas bien du tout. Totalement persécuté par tout et par tous, il tient des propos délirants sur la condition des femmes. Mais il reste correct pour le moment. Parfois, il va loin en paroles et ses propos peuvent choquer. Mais aujourd'hui, même si l'échange est houleux et que les joutes fusent, il parvient à se contenir...
Pour sa part, et comme souvent d'ailleurs, Albert prend les propos de Monsieur B. au premier degré. Alors il s'énerve un peu et hausse le ton. Il aspire très fort sur sa cigarette et recrache toute la fumée par les narines. Il fait comme un dragon ! On dirait qu'il veut impressionner Monsieur B.
En écrasant sa cigarette, Albert lance à Monsieur B. droit dans les yeux et dans ses bottes : " Toi, t'as rien compris au filles ! C'est pas les femmes qui se mettent à creux-pie ! C'est les hommes qui se jettent à genoux d'vant elles !"
Monsieur B. : " A creux quoi ???!!!"
Albert : " A creux pie j'te dis !"
Monsieur B. fait une drôle de tête... Puis, il éclate de rire !
On rigole tous un bon coup, mais Albert part un peu vexé... Il ne s'est pas rendu compte qu'il a réussi à désamorcer une situation qui commençait à être très tendue car Monsieur B. s'auto-alimentait et s'enfonçait dans son délire. Ca risquait d'exploser...
Plus tard, quand je demande à Albert s'il n'est pas trop contrarié qu'on ait rit de lui quand il a déformé le mot "accroupi", il me dit que "non"... Je lui confie que, finalement, grâce à lui, Monsieur B. n'a pas explosé.
Alors Albert me répond : "Nan, mais je sais, j'ai fait exprés je te ferais dire !"
Sacré Albert !!!!!
En cuisine...
On prépare un plat à base de crevettes pour le repas à thème hebdomadaire du Club.
Aymée est aux fourneaux et on est 2 ou 3 à l'assister.
Au moment de nettoyer les crevettes, Vincent fait un pas en arrière : " Ah non, non, non ! Je peux pas écorcher les crevettes, vous savez bien je suis allergique aux poisson !"
" Décortiquer Vincent, pas écorcher !", Aymée le corrige en se moquant gentiment, car on a l'habitudes des néologismes de Vincent.
Une autre fois que Vincent m'a beaucoup aidé en cuisine, et que je l'ai fortement sollicité car nous n'étions que lui et moi pour préparer un repas assez copieux pour une bonne vingtaine de clubistes affamés, après le déjeuner il se plaint auprès d'une stagiaire-éducatrice : " Oh, vous savez à midi, elle m'a fait bavé dans la cuisine Séverine. Elle était speed ! Je devais faire plein de trucs !!! Holala !!! Qu'est-ce que j'ai bavé en cuisine !"
C'est la fin d'après-midi, demain c'est la fête du foyer, Vincent, (encore lui !!!!) nous rejoint en cuisine, car il a à coeur de nous aider pour la préparation des brochettes de poulet mariné.
Il nous prévient d'entrée : " Il faut pas qu'on se rate, hein !"
On est trois en cuisine, on discute de tout et de rien en piquant la viande et les légumes qui ont marinés toute la nuit. On a les doigts tout gras à la fin, mais on a été rapides. En moins de trente minutes on a fait une soixantaine de belles brochettes !
Vincent est satisfait et fier lui.
En se lavant les mains, il ne manque pas de faire remarquer que : " Demain, il y aura tout le monde pour les manger, mais par contre, là, pour les faire y a personne qui met la main sur la patte !!!"
... La main à la pâte Vincent !...
samedi 14 mai 2011
notre lilly nationale déboule dans le bureau et s'exclame "comme je parle au pluriel tout le monde pense que je suis communiste"...et dans la foulée elle nous tend une lettre a faire suivre a son tuteur ou elle fait don de un million d euros au parti....lilly ne rêve-t-elle pas d un monde meilleure pour elle et tous les autres ou moyennant un peu d argent(un million d euros c est pas rien!!!) leurs difficultés de vie serait prisent en compte par les politiques?.............
en esperant que le rêve devienne réalité....
bien évidemment le million d euros n a pas été débloqué....
en esperant que le rêve devienne réalité....
bien évidemment le million d euros n a pas été débloqué....
mardi 10 mai 2011
la tele me parle
Antoine qu'on vous a présenté nous éteint souvent la télé. En effet elle lui parle et ça l'angoisse énormément. Alors quand il a entendu parlé de la visio-conférence qui pourrait etre mise en place avec la nouvelle loi par les juges des libertés pour entendre un patient hospitalisé, il a poussé un cri du coeur en me disant : eh bien moi si il faut parler à la télé je suis pas pret de sortir.
mercredi 13 avril 2011
bobo du quotidien !!!!!
Un jour de club, un éducateur a un souci au genou. Vincent inquiet pour celui-ci, lui conseil de mettre du « voltarene » pour endiguer la douleur. L’éducateur va dans la pharmacie pour appliquer le précieux gel sur son genou douloureux. Vincent d’ajouter : « laver vous bien les mains après l’application du voltarene car c’est dangereux pour la nourriture. » L’éducateur avait bien raison de ne pas être dans son assiette ce jour là !!!
mardi 12 avril 2011
Lilly partage ses pensées
Lors d un déjeuner au restaurant notre Lilly nationale déclare haut et fort(surement afin que tous les clients du resto l entendent)
"Au moins les pigeons ils sont fidèles,car ils changent jamais de pigeonnes....."et d ajouter quelques minutes plus tard
"les albinos noirs sont en voies d extinction....."
je ne sais pas si les clients du resto ont bien mangé mais en bonus avec leur addition ils auront gagné les belles pensées de Lilly
"Au moins les pigeons ils sont fidèles,car ils changent jamais de pigeonnes....."et d ajouter quelques minutes plus tard
"les albinos noirs sont en voies d extinction....."
je ne sais pas si les clients du resto ont bien mangé mais en bonus avec leur addition ils auront gagné les belles pensées de Lilly
vendredi 11 mars 2011
Ma langue a rippé! (entendu dans les couloirs du Club)
Petite discussion autour d'une cigarette...
Albert est content car il va revoir notre ancien cadre de santé qui va bientôt faire son pot de départ en retraite. Lucien, qui n'a pas connu l'ancien cadre, nous demande pourquoi il ne travaille plus au foyer.
Albert lui explique : "Il est tombé malade parce qu'il a fait un mal à l'aise".
On passe à autre chose, puis Albert me demande des nouvelles de notre collègue infirmière enceinte car il voudrait savoir "quand est-ce qu'elle rentre de son congé mérité".
(2 Desproges en concurrence au Club 18!)
Albert est content car il va revoir notre ancien cadre de santé qui va bientôt faire son pot de départ en retraite. Lucien, qui n'a pas connu l'ancien cadre, nous demande pourquoi il ne travaille plus au foyer.
Albert lui explique : "Il est tombé malade parce qu'il a fait un mal à l'aise".
On passe à autre chose, puis Albert me demande des nouvelles de notre collègue infirmière enceinte car il voudrait savoir "quand est-ce qu'elle rentre de son congé mérité".
(2 Desproges en concurrence au Club 18!)
jeudi 3 mars 2011
Journée sans femmes
Zahra est un peu angoissée, le 8 mars c'est la journée sans femmes! Que va-t-elle bien pouvoir faire ce jour-là?
Les éducatrices et infirmières ne vont pas venir travailler ce jour là? Comment le monde va-t-il tourner?
Zahra est rassurée et les femmes remisent a l'honneur pour le 8!
Les éducatrices et infirmières ne vont pas venir travailler ce jour là? Comment le monde va-t-il tourner?
Zahra est rassurée et les femmes remisent a l'honneur pour le 8!
mardi 22 février 2011
Ah ces problèmes de cuir chevelu!
Vincent arrive désemparé dans le bureau, la sueur perle sur son front:
"J'ai mal à la tonsure, au secours! Je suis sûr que j'ai un cancer!" Paniqué il ajoute: "On va me faire une chignon thérapie!"
Fallait la trouver celle-là...
Un autre jour, Vincent est ravi du menu du club et déclare à la cantonnade:
"Je suis tellement heureux, je remue la queue" (rapport au chien)
Un nouveau Desproges serait il né?
"J'ai mal à la tonsure, au secours! Je suis sûr que j'ai un cancer!" Paniqué il ajoute: "On va me faire une chignon thérapie!"
Fallait la trouver celle-là...
Un autre jour, Vincent est ravi du menu du club et déclare à la cantonnade:
"Je suis tellement heureux, je remue la queue" (rapport au chien)
Un nouveau Desproges serait il né?
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